Il y a une phrase qu’on entend souvent au comptoir, et qui nous fait toujours sourire : « Taniguchi, c’est celui où il ne se passe rien, non ? » Si l’on veut. Dans L’Homme qui marche, un homme sort de chez lui, regarde un arbre, remonte une rue, rentre. Cent quatre-vingts pages de cela.
Et pourtant on en sort différent. C’est tout le sujet.
Ce que le dessin fait au temps
Le procédé tient à une chose : Taniguchi dessine ce qu’un autre aurait résumé. Là où le manga d’action condense trois heures en une case, lui consacre une planche entière à une averse qui commence. Le lecteur n’a pas le choix — il met le temps que le personnage met.
On ne lit pas Taniguchi pour savoir ce qui arrive. On le lit pour se souvenir de ce que c’est, regarder.
Par où commencer
- L’Homme qui marche — le plus pur, et le plus court.
- Quartier lointain — un homme de quarante-huit ans se réveille dans son corps de quatorze. Le plus romanesque.
- Le Journal de mon père — celui qu’on offre, et qu’on ne récupère jamais.
Les trois sont en rayon. Si le vôtre n’y est pas, dites-le-nous : on le fait venir.
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