Trente volumes, publiés de 1993 à 2012. À l’époque, le dessin de Hiroaki Samura avait fait l’effet d’une gifle : du crayon gras là où le manga employait l’encre, des anatomies de carnet d’atelier, des combats qu’on lit comme on lit une planche anatomique.
Ce qui a changé, c’est nous
Ce qu’on prenait pour de la virtuosité formelle se révèle à la relecture être un choix moral. Samura ne rend pas la violence belle : il la rend lisible, os par os. On ne peut pas détourner le regard, parce qu’il n’y a rien à détourner — tout est déjà à plat sur la page.
Et Manji, l’immortel du titre, n’est pas un héros. C’est un homme condamné à survivre à ses propres erreurs. Vingt ans plus tard, c’est cette idée-là qui reste.
Une réserve, quand même
Les trois quarts du milieu traînent. On ne va pas prétendre le contraire — un arc de prison qui dure huit volumes, c’est six de trop. Mais la fin les rattrape tous.
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