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Cette étude est consacrée à deux poèmes de Retour amont (1966), repris dans Le Nu perdu (1971). De manière rare, ils évoquent la mort de la sÅ“ur préférée, Julia dite « Lily », en février 1965, après un internement. En un style épuré — l'un, fondé sur l'étonnante syllepse d'un nom propre, celui d'un ruisseau affluent de la Sorgue menant « sa double vie », l'autre, inventant une élégie moderne qui « coupe court à l'effusion » — les deux textes en vers, travaillés de vides et de blancs, déjouent le narratif, cryptent les biographèmes, déplacent l'hommage personnel en résonance avec d'autres disparitions (suicide de Crevel, de Staël, réactivé par celui de Marylin à laquelle s'adressait initialement l'un des poèmes). Par ces détours, que révèlent les premières versions, laissant à la jeunesse surréaliste la fascination des fantômes et « le leurre » de la révolution, ils ouvrent la méditation à la douleur de la folie, rejoignant l'énigme de l'Å“uvre, celle de Hölderlin, Nerval, Van Gogh, ou Artaud. Dans la sidération de l'absence, la poésie demeure la seule force de soulèvement pour affronter l'expérience la plus nue.
Cette étude est consacrée à deux poèmes de Retour amont (1966), repris dans Le Nu perdu (1971). De manière rare, ils évoquent la mort de la sÅ“ur préférée, Julia dite « Lily », en février 1965, après un internement. En un style épuré — l'un, fondé sur l'étonnante syllepse d'un nom propre, celui d'un ruisseau affluent de la Sorgue menant « sa double vie », l'autre, inventant une élégie moderne qui « coupe court à l'effusion » — les deux textes en vers, travaillés de vides et de blancs, déjouent le narratif, cryptent les biographèmes, déplacent l'hommage personnel en résonance avec d'autres disparitions (suicide de Crevel, de Staël, réactivé par celui de Marylin à laquelle s'adressait initialement l'un des poèmes). Par ces détours, que révèlent les premières versions, laissant à la jeunesse surréaliste la fascination des fantômes et « le leurre » de la révolution, ils ouvrent la méditation à la douleur de la folie, rejoignant l'énigme de l'Å“uvre, celle de Hölderlin, Nerval, Van Gogh, ou Artaud. Dans la sidération de l'absence, la poésie demeure la seule force de soulèvement pour affronter l'expérience la plus nue.
Publié chez Le Bord de l'Eau en mars 2026, cet ouvrage fait partie de nos recommandations au rayon Romans.
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