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Romans

Les indiens des plaines

par George Catlin

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George Catlin (1796-1872) est un drôle de pistolet. Tout le poussait à assurer son existence, joyeuse, entreprenante, tonique comme savent le faire mieux que quiconque ceux que nous nommons aujourd´hui « les Américains ». Au début du XIXe siècle, sur ce vaste territoire qui incite à l´aventure, il se destine par conformisme familial à une brillante carrière d´avocat, mais l´aventure, justement, le rattrape. Il préfère la peinture à la vie morne des bureaux , il y passe tout son temps, et quand il ne peint pas, il voyage à la recherche de ses sujets. À vingt-cinq ans, en 1821, emporté par sa fougue, il lâche tout pour se faire le témoin de ce qui sera l´unique passion de toute sa vie : les Indiens, premiers et légitimes habitants de cette terre qui s´étend à perte de vue. Pour les peindre et les dessiner d´abord, rassembler ce qui fait leur spécificité ensuite : costumes, masques, coiffes, bijoux, armes, objets, artisanat... Et toujours prendre des notes innombrables. Tout est devenu pour lui source d´inspiration et d´émerveillement. Une telle force vitale au contact direct de la nature lui inspire le plus grand respect, loin, très loin de la bourgeoisie qu´il a quittée. Il saisit sur le vif ce qu´il voit, ce qu´il vit, restant de longs moments chez les uns et chez les autres. Il devient Indien lui-même, ou peu s´en faut, pendant toutes ces années. Il tire le portrait des chefs, provoquant à la fois la crainte et la stupeur devant le résultat immédiat de ses oeuvres. Ses modèles veulent être représentés de face, jamais de profil pour ne pas être un homme à moitié. EXTRAIT : « Il me reste à parler du « banquet des Bisons », étrange couronnement de ces rites expiatoires. Je le ferai brièvement. La nuit venue, les crieurs publics de la circonstance, vieillards armés de crécelles qu´ils agitaient avec violence, parcoururent les allées du village en annonçant que le gouvernement de la nation était remis à une femme, à celle qui avait désarmé le Mauvais Esprit, et dont ils devaient attendre leurs bisons pendant l´année suivante. Cette nuit-là, les chefs n´étaient plus que de vieilles femmes et n´avaient pas le droit d´élever la voix. Tous les Mandans devaient rentrer dans leurs wigwams et personne ne pouvait se montrer au-dehors, à l´exception des heureux convives invités par Rah-lacopuckchie (la femme chef) au festin des Bisons, qui allait commencer devant le Grand Canot. La société d´élite fut bientôt réunie et s´assit en cercle sur la terre, en face de l´Arche. On y voyait en premier lieu les coryphées de la danse, les huit buffalos, débarrassés maintenant de leur couche de peinture. C´est en leur honneur surtout que se donnait la fête actuelle, qu´il ne faut pas confondre avec la fête des Bisons qu´on célébrait vers la fin de l´année et qui avait un but différent de la cérémonie dont nous parlons, tout en offrant avec elle quelques points de ressemblance.... »

Éditeur
MAGELLAN & CIE
Pages
—
Format
Broché
ISBN
9782350747910
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À propos de ce livre

George Catlin (1796-1872) est un drôle de pistolet. Tout le poussait à assurer son existence, joyeuse, entreprenante, tonique comme savent le faire mieux que quiconque ceux que nous nommons aujourd´hui « les Américains ». Au début du XIXe siècle, sur ce vaste territoire qui incite à l´aventure, il se destine par conformisme familial à une brillante carrière d´avocat, mais l´aventure, justement, le rattrape. Il préfère la peinture à la vie morne des bureaux , il y passe tout son temps, et quand il ne peint pas, il voyage à la recherche de ses sujets. À vingt-cinq ans, en 1821, emporté par sa fougue, il lâche tout pour se faire le témoin de ce qui sera l´unique passion de toute sa vie : les Indiens, premiers et légitimes habitants de cette terre qui s´étend à perte de vue. Pour les peindre et les dessiner d´abord, rassembler ce qui fait leur spécificité ensuite : costumes, masques, coiffes, bijoux, armes, objets, artisanat... Et toujours prendre des notes innombrables. Tout est devenu pour lui source d´inspiration et d´émerveillement. Une telle force vitale au contact direct de la nature lui inspire le plus grand respect, loin, très loin de la bourgeoisie qu´il a quittée. Il saisit sur le vif ce qu´il voit, ce qu´il vit, restant de longs moments chez les uns et chez les autres. Il devient Indien lui-même, ou peu s´en faut, pendant toutes ces années. Il tire le portrait des chefs, provoquant à la fois la crainte et la stupeur devant le résultat immédiat de ses oeuvres. Ses modèles veulent être représentés de face, jamais de profil pour ne pas être un homme à moitié. EXTRAIT : « Il me reste à parler du « banquet des Bisons », étrange couronnement de ces rites expiatoires. Je le ferai brièvement. La nuit venue, les crieurs publics de la circonstance, vieillards armés de crécelles qu´ils agitaient avec violence, parcoururent les allées du village en annonçant que le gouvernement de la nation était remis à une femme, à celle qui avait désarmé le Mauvais Esprit, et dont ils devaient attendre leurs bisons pendant l´année suivante. Cette nuit-là, les chefs n´étaient plus que de vieilles femmes et n´avaient pas le droit d´élever la voix. Tous les Mandans devaient rentrer dans leurs wigwams et personne ne pouvait se montrer au-dehors, à l´exception des heureux convives invités par Rah-lacopuckchie (la femme chef) au festin des Bisons, qui allait commencer devant le Grand Canot. La société d´élite fut bientôt réunie et s´assit en cercle sur la terre, en face de l´Arche. On y voyait en premier lieu les coryphées de la danse, les huit buffalos, débarrassés maintenant de leur couche de peinture. C´est en leur honneur surtout que se donnait la fête actuelle, qu´il ne faut pas confondre avec la fête des Bisons qu´on célébrait vers la fin de l´année et qui avait un but différent de la cérémonie dont nous parlons, tout en offrant avec elle quelques points de ressemblance.... »

À paraître chez MAGELLAN & CIE en octobre 2026, cet ouvrage fait partie de nos recommandations au rayon Romans.

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